Tu erres, seule, sur le monde des vivants
Uniquement drapée de ce voile sombre,
Cette toile brute aux reflets moirés,
Couleur de l'abîme et des ombres,
Toujours en deuil, pour ton métier,
Toujours isolée, si peu aimée,
Parfois surnommée la fileuse,
Ou la grande faucheuse,
Tous, on peur de te nommer,
Ils craignent de t'appeler,
Effrayés, que tu ne viennes,
Trop tôt, pour eux, les enlever,
Mais pour mon dernier baiser,
Il ne te faudra pas pleurer,
Ne pas verser cette goutte noire,
Comme une tache d'encre,
Cette larme de Mort,
Que j'épongerai de mes lèvres,
Avant d'embrasser les tiennes,
Et si, en toi, tu sens une fièvre,
Ne chasse pas ce réconfort,
Et en mon âme, jette ton ancre,
Prend mon c½ur, sous mon sein,
Et pour l'éternité, je serai tiens.
